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La qualité au service de la compétitivité

Le 1er octobre, la Journée Qualité de la FIEV a posé une question simple : la qualité freine-t-elle la compétitivité, ou peut-elle l’accélérer ? Ce que j’en retiens.

Journée Qualité FIEV, 1er octobre 2026
Journée Qualité FIEV, 1er octobre 2026

Il y a un an, la Journée Qualité de la FIEV dressait un constat sévère : concurrence internationale exacerbée, électrification, baisse des volumes, nouvelles réglementations. Et, en filigrane, un recul de la culture qualité, observé aussi bien chez les constructeurs que chez les équipementiers.

Le 1er octobre 2026, nous avons voulu parler du rebond. Pas de nouveaux constats, mais des initiatives, des solutions et des coopérations entre entreprises. J’ai eu le plaisir d’introduire et de conclure cette journée. Voici ce que j’en retiens.

La qualité compétitive évite les détours

L’idée la plus forte de la journée tient en une phrase, portée par la SIA en ouverture : la qualité compétitive ne ralentit pas, elle évite les détours.

Pendant des années, la qualité a été vécue comme un coût et un frein : des contrôles, des livrables, des audits qui s’ajoutent. Ce modèle ne tient plus face à des concurrents qui développent un véhicule en deux fois moins de temps. La qualité crée de la valeur quand elle accélère le système : prévenir plutôt que reprendre, détecter tôt plutôt que corriger tard, décider ensemble plutôt qu’arbitrer en crise.

Simplifier est un acte de courage

La première table ronde portait sur le produit. Un mot est revenu sans cesse : simplifier. Retrouver le « juste nécessaire », couper le superflu dans les exigences, les variantes et les livrables.

Le retour d’expérience présenté par Renault sur son programme de réduction des plannings l’a montré concrètement : moins de livrables techniques exigés des fournisseurs, des phases qui fusionnent, une saisie unique au lieu de saisies multiples, des décisions prises plus près du terrain.

J’ai porté ce type de chantier de l’intérieur. Simplifier demande du courage, parce que chaque exigence supprimée a été écrite un jour pour une bonne raison. Il faut accepter un risque maîtrisé, et donc faire confiance.

Sans confiance, pas de qualité système

C’est le deuxième fil rouge. Le véhicule devient un système logiciel, connecté, évolutif. Un défaut ne naît plus seulement d’une pièce non conforme, mais d’une interaction entre matériel, logiciel, données et usage. Personne ne peut le maîtriser seul.

Constructeurs et équipementiers doivent passer d’une relation contractuelle à une gouvernance réellement partagée : partager les données utiles, clarifier les exigences, gérer les risques ensemble, savoir qui décide, qui alerte et qui assume. Le manque de confiance a un coût caché : rétention d’information, doubles contrôles, décisions trop tardives.

Le manager qualité change de posture

La deuxième séquence m’a particulièrement touché, en tant que coach. Le manager qualité de demain est moins un contrôleur qu’un coach au service des équipes. C’est un influenceur qui agit sans autorité hiérarchique, un partenaire des arbitrages coût, délai, risque et valeur, et un éclaireur qui s’appuie sur la donnée pour anticiper.

Ce changement de posture ne se décrète pas. Il s’accompagne : dans les écoles, où il faut adapter la formation aux compétences techniques et humaines, et dans les entreprises, où il faut donner aux managers le temps et le soutien pour changer de rôle.

L’excellence opérationnelle, de bout en bout

La dernière séquence a rappelé que les fondamentaux du terrain restent la base, désormais augmentés par le numérique : piloter la qualité en temps réel, repérer les signaux faibles avant qu’ils ne deviennent des crises, maîtriser toute la chaîne de valeur, jusqu’aux fournisseurs les plus éloignés. Le coût de la non-qualité doit redevenir un critère de décision, pas un indicateur constaté après coup.

Côté normes, les travaux de révision de l’IATF 16949 vont dans le même sens : simplification, clarté, assurance qualité du logiciel, maîtrise de la chaîne d’approvisionnement. Les verbatims recueillis auprès des adhérents de la FIEV disent la même attente : des exigences utiles, proportionnées et compatibles avec des projets plus courts.

Ce que j’en retiens pour vos transitions

Trois convictions sortent renforcées de cette journée :

  • La simplification est un projet de transformation, pas une campagne de suppression de documents. Elle touche l’organisation, la gouvernance et la manière de décider.
  • La confiance se construit par des règles de coopération vérifiables, entre services comme entre entreprises.
  • La culture qualité repose sur des personnes. Les nouvelles postures managériales s’apprennent, se pratiquent et se coachent.

C’est exactement là que je travaille avec les entreprises : constater les irritants, modéliser une cible plus simple, déployer avec les équipes et accompagner les managers pour que le changement tienne.

Et vous, dans votre organisation, quelle exigence auriez-vous le courage de supprimer demain ?

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